Le film Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, réalisé par Alain Chabat en 2002, est devenu un classique de la comédie française. Au-delà de son humour décapant, ce long-métrage regorge aussi de leçons sur la gestion de projet. Maëlle Lorvin, Consultante chez Blue Soft Consulting, nous décortique le management du chantier pharaonique confié à l’architecte Numérobis. Son défi : construire un palais magnifique en trois mois pour satisfaire Cléopâtre. Pari réussi ou projet voué à l’échec ? Analyse.

Un chef de projet peu expérimenté

Nomination de Numérobis par Cléopâtre comme chef de projet. Bonne ou mauvaise idée ?

Tout commence quand Cléopâtre, reine d’Égypte, confie à Numérobis la responsabilité de bâtir un somptueux palais en un temps record. Si le jeune architecte parvient à relever ce défi, il sera couvert d’or. Mais en cas d’échec, il finira dans la fosse aux crocodiles. « Un chef de projet est ce qu’on pourrait comparer à un chef d’orchestre sur un projet. » nous explique Maëlle. Le chef de projet doit avoir des talents de communication, tout en s’assurant que celle-ci se fait bien entre les différentes parties prenantes du projet. Il faut qu’il ait également du leadership, c’est à lui que revient le défi d’emmener ses équipes jusqu’au bout, ainsi que des qualités de management.

On se rend alors compte, dès le début du film, que Numérobis n’est pas le chef de projet le plus adéquat pour la situation. « On n’est pas vraiment sur un chantier super calé. On sait également que Numérobis n’a jamais travaillé sur un chantier de cette envergure, donc il a quand même très très peu d’expérience » nous confirme Maëlle.

Cléopâtre mise ainsi sur Numérobis pour son “vent de fraîcheur” et sa vision novatrice, au détriment de l’expérience.

Un défi de taille : construire un palais en trois mois. Mais où est passé le cadrage ?

Trois petits mois pour construire un ouvrage digne des plus grands pharaons, voilà un sacré challenge ! Numérobis, tout juste nommé chef de projet, mesure-t-il vraiment l’ampleur de la tâche qui l’attend ? Entre les délais serrés, les ressources limitées et la pression de sa hiérarchie, il va devoir faire preuve d’une organisation sans faille et d’un leadership à toute épreuve.

Pourtant Numérobis part bille en tête, en omettant une phase élémentaire de la phase de préparation : la phase de cadrage. Cette phase va permettre de répondre aux principales interrogations : quels est le budgets ? quelles sont les ressources ?

D’après Maëlle, « Numérobis oublie complètement cette étape. On a zéro étude de faisabilité. On n’a pas d’étude de budget non plus. Il y a également un dernier élément que Numérobis ne prend pas du tout en compte dès le début du film, c’est la gestion du risque ».

Nous voici donc partis pour la réalisation du palais, sans avoir pour autant cadré le projet. Ce qui ne va pas apporter que du bon à notre cher ami Numérobis.

Une gestion des risques oubliée, mais pas pour longtemps

Risque interne : une tentative de sabotage par Amonbofis

Malgré ces renforts de poids, tout ne va pas pour autant se dérouler comme sur des roulettes. Amonbofis, l’architecte jaloux, n’a pas dit son dernier mot. Pour faire dérailler le projet, il va attiser le mécontentement des ouvriers jusqu’à provoquer une révolte sur le chantier. Un risque interne que Numérobis aurait dû anticiper en gardant un œil sur son rival. Faute d’avoir su désamorcer le conflit à temps, le voilà obligé de gérer une crise dans l’urgence, accompagné fort heureusement par la force de persuasion d’Astérix et Obélix, et la sagesse du druide Panoramix.

Risque externe : une menace sur l’approvisionnement en pierres

Autre souci : un blocage dans l’approvisionnement en pierres, le matériau essentiel à la construction du palais. Sans ces précieux blocs, impossible d’avancer ! Encore une fois, Numérobis a frôlé les crocodiles avec un risque opérationnel majeur non évalué en amont, qui met pourtant en péril tout le projet. Heureusement, la pouvoir de réflexion d’Astérix et Obélix avec sa force légendaire vont une fois de plus sauver la mise en débloquant la situation.

D’autres risques potentiels

Au-delà de ces deux incidents, bien d’autres risques auraient pu faire dérailler le chantier. Un budget mal calibré aurait pu conduire à un manque de ressources en cours de route. Des conflits au sein de l’équipe projet auraient pu démotiver les troupes et ralentir le rythme. Sans parler des accidents, des intempéries ou des changements de dernière minute imposés par Cléopâtre. Autant de menaces à prendre en compte pour tout chef de projet digne de ce nom.

L’importance des parties prenantes

Identifier et impliquer les parties prenantes

Dans tout projet, il est essentiel de bien identifier et d’impliquer les parties prenantes. Ici, la commanditaire est Cléopâtre elle-même : c’est elle qui fixe l’objectif, le délai et qui octroie les ressources. Vient ensuite l’équipe projet, ces femmes et ces hommes qui vont construire l’édifice pierre après pierre. Sans oublier les utilisateurs finaux, tous ces gens qui profiteront du palais une fois achevé. Pour rappel, un bon chef de projet doit savoir dialoguer avec chacune de ces parties prenantes.

Le Project Management Officer, le rôle clé d’Otis, scribe

Dans cette galerie de personnages, il en est un qui joue un rôle crucial : Otis, le fidèle scribe de Numérobis. Véritable bras droit du chef de projet, il l’assiste au quotidien dans la coordination et la facilitation des tâches. Otis, c’est un peu le couteau suisse du chantier, celui qui trouve des solutions aux problèmes, débloque les situations complexes et s’assure que tout le monde travaille main dans la main. Un profil qu’on pourrait rapprocher de celui du Project Management Officer (PMO) dans nos organisations modernes.

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L’architecte concurrent, Amonbofis, le pire cauchemar

Mais attention, toutes les parties prenantes ne jouent pas forcément un rôle positif ! C’est le cas d’Amonbofis, l’architecte officiel de Cléopâtre, qui voit d’un très mauvais œil l’arrivée de ce jeune concurrent. Bien que n’appartenant pas à l’équipe projet, Amonbofis va tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de Numérobis et saboter son travail. Une menace sournoise que notre chef de projet aurait dû anticiper pour mieux la contrer. Sans Astérix et Obélix, difficile d’y faire face sans préparation.

Le recours à des experts externes

L’arrivée d’Astérix et Obélix, les irréductibles Gaulois

Très vite, Numérobis doit se rendre à l’évidence : son équipe ne pourra pas, seule, construire le palais dans les temps. Il manque de bras, de compétences pointues, de ressources pour tenir les délais imposés par Cléopâtre. Entre retard et problèmes, Numérobis va rechercher des solutions et des savoir-faire uniques pour l’aider dans la réalisation du projet. C’est alors qu’Astérix et Obélix, ainsi que Panoramix entrent en jeu, apportant leurs expertises, avec leur force surhumaine et leur sagesse.

Changement de méthode de travail

Dans le cadre d’une gestion projet, il est également important de sélectionner une méthode de gestion de projet, avec par exemple les méthodes de cycle en V ou l’agilité, nous cite entres autres Maëlle. En temps normal, on ne change pas de méthode en cours de projet. Or, dans le cas de Numérobis, Astérix et Obélix « vont pouvoir apporter une nouvelle méthode de travail pour améliorer et optimiser la réalisation du palais » nous explique Maëlle. Fini les techniques archaïques et peu productives, place à l’innovation et à l’efficacité ! Astérix et Obélix, les irréductibles apportent un regard neuf et des solutions créatives pour optimiser le chantier. Une vraie leçon de management pour Numérobis, qui découvre qu’il faut parfois bousculer les habitudes pour avancer.

Soutien du commanditaire

Escalade des problèmes auprès de Cléopâtre

Malgré tous ses efforts, et malgré l’arrivée d’Astérix et Obélix, Numérobis voit les ennuis s’accumuler et le projet lui échapper. Plutôt que de subir, il décide alors d’alerter son commanditaire, Cléopâtre. Une démarche courageuse mais nécessaire pour éviter la catastrophe. En bon chef de projet, Numérobis sait qu’il doit rendre des comptes et ne pas cacher les difficultés. Jouer la transparence pour trouver des solutions, voilà une attitude digne d’un bon chef de projet.

L’importance d’impliquer le donneur d’ordre

Cette péripétie nous rappelle à quel point il est crucial d’impliquer le donneur d’ordre à chaque étape clé du projet. Malgré l’arrivée de nos experts Astérix et Obélix, son soutien est une ressource précieuse pour le chef de projet, qui gagne en légitimité et en moyens d’action. Un commanditaire engagé est aussi un gage de stabilité : il peut réaffirmer les objectifs, remotiver les troupes et débloquer des budgets supplémentaires en cas de besoin. Bref, c’est un allié indispensable pour traverser les tempêtes et mener le projet à bon port.

Alors bonne ou mauvaise gestion de projet ? En dépit d’un démarrage chaotique et des lacunes évidentes dans sa gestion de projet, notre architecte a finalement réussi son pari, envers et contre tout. Il a su s’entourer d’experts complémentaires, Asterix et Obélix, pour ne pas les nommer, adopter des méthodes innovantes et solliciter l’appui de son commanditaire pour surmonter les nombreux obstacles semés sur sa route. Preuve que même un chef de projet novice peut triompher s’il fait preuve d’adaptabilité, d’ouverture et de ténacité.

Chez Blue Soft Consulting, nous accompagnons chaque jour des projets de transformation ambitieux, dans le secteur public comme dans le privé. Et s’il y a bien une leçon que nous retenons d’Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, c’est que la réussite d’un projet repose avant tout sur l’intelligence collective. Seule une équipe soudée, portée par un leader inspirant et épaulée par un commanditaire engagé, , peut venir à bout des défis les plus complexes.

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